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De part sa situation géographique, la région de Saint Emilion bénéficie du climat océanique tempéré du Bordelais. Ce climat est marqué par des écarts de températures modérés entre la saison estivale et hivernale, une moyenne annuelle oscillant autour de 12,8° C, des précipitations bien réparties sur toute l'année. D'avril à octobre, le bilan climatique global y est excellent pour la vigne avec des étés souvent chauds et de belles arrières saisons : avec le climat le plus continental du Bordelais (donc le plus chaud) et la protection de la Dordogne et de l'Isle, Saint-Emilion bénéficie d'un moindre risque de gelées et d'étés indiens propices à une bonne maturation des raisins.
FONDATION DE SAINT-EMILION, LA CITE RELIGIEUSE
Un moine originaire de Vannes en Basse Bretagne, vint demander l’hospitalité aux bénédictins installés sur cette colline. Million, Aemilianus ou Émilien était un «confesseur errant» qui parcourait les routes au VIe siècle pour convertir les païens et soulager la misère, auréolé d’une vertu et d’une charité évangélique. Il sut regrouper autour de lui, un grand nombre de compagnons vivant selon la règle de Saint-Benoît. La multiplicité des grottes naturelles offrit un abri et l’une d’entre elles leur servit d’église, créant le premier village de Saint-Emilion. Cette première église monolithe agrandie pour abriter les religieux et les laïcs, fut terminée au XIe siècle et longtemps dénommée «Moustier Vieux». Il est vraisemblable que cette église souterraine était destinée à conserver dignement le corps d’un saint.
Le début du XIIe siècle fut propice à une nouvelle ère religieuse permettant la construction d’édifices dans les paroisses voisines. A ce mouvement général, les chanoines de Saint-Emilion bâtirent un nouveau couvent et une chapelle sur le plateau au-dessus de l’église monolithe. On l’appela le «Moustier Neuf».
De nombreux historiens et spécialistes ont étudié la construction de cet édifice où l’on retrouve des traces de la construction du deuxième quart du XIIe siècle à l’extrémité orientale de la nef. Il est difficile d’imaginer comment se présentait cet édifice en raison des diverses modifications entreprises au cours des siècles suivants.
Durant le XIIIe siècle l’édifice fut considérablement remanié : suppression des murs orientaux du transept, puis agrandissement de trois travées, formait une « grande salle » divisée par deux piles médianes. L’axe de la nef était fermé par un choeur à chevet plat.
Au début du XIVe siècle, Bertrand de Goth, archevêque de Bordeaux, devenu pape en 1305 sous le nom de Clément V, sécularisait les chanoines par une bulle donnée à Avignon le 13 décembre 1309. La communauté fut érigée en chapitre comprenant douze chanoines. Le premier doyen , Gaillard de Lamothe-Preyssac, neveu du pape participa à la procession des cardinaux en 1316 sous le nom de cardinal de Sainte-Luce.
D’éminents personnages lui succédèrent tels que Jean Ier d’Epernay, mort en 1509, Jean III de Dieu-Aide ou Dieuzaide (1520-1526) qui se qualifiait de Sieur et seigneur de la maison noble et château d’Aiguille; Jacques, puis Arnaud de Pontac (1536-1580), seigneurs de Haut-Brion et de Bisqueytan, le second nommé évêque de Bazas en 1590 ; François, puis Henri d’Escoubleau de Sourdis (1610, 1630), tous deux archevêques de Bordeaux; Louis de Bassompierre, évêque de Saintes en 1629 ; Desèze, nommé évêque d’Orense (Espagne) en 1677 ; Jean-Baptiste de Reims (1657), André de Marillac, docteur en Sorbonne vers 1672 ; Jean de Campgrand, du diocèse de Lescards, docteur en Sorbonne, chanoine de Saintes, nommé par le Roi le 25 octobre 1681 ; Charles de Bernada (vers 1686, mort en 1702) ; Charles Dussault ou du Sault vers 1703 ; François-Joseph le Comte, cisterien, abbé de Faise, puis doyen de Saint-André ; Jean-Jacques Dussault ou du Sault, dernier doyen nommé vers 1774 jusqu’en 1789, fut vicaire général de Sarlat et abbé de Terrasson.
L'apparition de la vigne dans la région bordelaise remonte à l'an 50. C'est une peuplade Celtes appelée " Bituriges Vivisque " qui planta leur propre vigne avec le " Biturica " cépage ancêtre des cépages cabernet.
C'est grâce aux romains que la consommation du vin augmente et dés la fin du 1er siècle, Bordeaux devient la capitale de l'Aquitaine.
Mais les différentes invasions ( Vandales, Suèves et Wisigoths ) ne favorisent pas le développement de la vigne, c'est grâce à la religion que le vin doit son salut. Il est indispensable pour dire la messe, et passe donc sous contrôle religieux ( le vin est un symbole). Mais l'effondrement de l'empire Romain entraîne un certain déclin du commerce du vin et pendant huit siècles, Bordeaux va tourner au ralenti. En 1152, le mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec Henri Plantagenet , futur roi d'Angleterre, va naturellement favoriser l'essor du commerce des vins de Bordeaux. A cette époque, les anglais exportent des denrées alimentaires, du textile et des métaux et importent des vins de Bordeaux qu'ils appellent " Claret " en raison sa couleur claire. En 1453, les français battent les anglais à la bataille de Castillon, la gironde quitte la domination des anglais. Les exportations vers l'Angleterre continuent mais apparaissent de nouveaux marchands tel que les Hollandais, les Hanséates, les bretons. Avec ces nouveaux clients, les habitudes changent, les goûts sont différents. Ils aiment les vins rouges forts et noirs ainsi que les vins blancs secs et moelleux ; C'est la naissance du Sauternes, des St Croix du Mont etc. C'est à partir de cette époque que l'on commence à acquérir des procédés plus modernes de vinification, d'élevage et de stockage. Apparition du souffre pour l'hygiène, du collage pour la clarification, des fûts de chêne permettant une meilleure conservation et de la bouteille. Les 1ères furent en métal, puis en porcelaine et enfin en verre dés la fin du XVIIe siècle.
L'apparition de la bouteille bouchée est très importante pour les vins de Bordeaux car elle va permettre grâce à ses qualités de conservation du produit, de trouver de nouveaux marchés comme les Amériques, les Indes occidentales ou les Antilles.
Bordeaux connaît donc une extraordinaire prospérité jusqu'à la révolution. Les guerres napoléoniennes vont provoquer la chute du commerce des vins de Bordeaux. Il faudra attendre 1860 pour que les marchés reprennent et que les vins de Bordeaux inondent l'Europe.
Mais cette date est aussi l'apparition d'une terrible maladie qui à frappé tout le vignoble bordelais " le phylloxera ". Importé des Amériques, c'est un petit parasite qui s'attaque aux racines de la plante.
Le vignoble bordelais doit son salut à la greffe d'un cépage français( le vitis-vinifera ) sur un cépage américain ( le vitis labrusca) mais il faudra attendre l'entre deux guerres pour que le vignoble se reconstitue. Cependant, la situation économique générale permet au marché des vins de Bordeaux de connaître une relative prospérité jusqu'à la fin de XIXe siecle (Classement de 1855). Fin XIXeme, début XXeme siècle, une nouvelle crise s'empare du marché des vins de Bordeaux, celle de la chute des prix due à une surproduction et à la fraude. Les acheteurs français et étrangers n'ont plus confiance dans les vins de Bordeaux.
De ces faits, les professionnels du vin vont se prémunir en créant des organismes légiférants tel que l'I.N.A.O ( Institut National des Appellations d' Origine 1935-1936 ) qui régie les A.O.C ( Appellation d'Origine Contrôlée), représentant aujourd'hui 98% de la production bordelaise. Les conditions d'exploitation sur ces A.O.C. sont régies par des conditions précises de production : aire géographique, choix des cépages, degré alcoolique , rendement en hectolitres par hectares
La crise économique de 1929 va engendrer surproduction, baisse des prix, et va voir le développement des caves coopératives. Ces dernières assurent aux négoces girondins des vins de qualité, de 1932 à 1950, les caves coopératives fleurissent.
La fin de la seconde guerre mondiale va amener un certain malaise dans le négoce bordelais. En effet durant l'occupation, certains négociants ont continué à commercer avec les allemands très friands des vins de Bordeaux.
La gelée de 1956, va assainir le vignoble, c'est le début de la révolution œnologique et technique. Enfin, les " trente glorieuses " vont faire entrer les vins de Bordeaux dans une période faste où l'export vers des pays comme les Etats Unis vont se développer considérablement.
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